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Mes interventions médias
- France Culture : Journal de la mi-journée du 01 05 2009 - Interview sur André Gorz
- France Culture : Les Vendredi de la philosophie du 17 10 2008, l'oeuvre d'André Gorz
André Gorz ou le socialisme difficile
Editeur |
Nouvelles Editions Lignes |
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Collection |
Philosophie - Lignes |
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Paru le |
24/10/2008
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Résumé
Connu comme un philosophe, essayiste et journaliste dont la pensée et l’engagement se sont formés en contact étroit avec l’existentialisme sartrien, le marxisme et l’écologie, André Gorz (qui nous a brutalement quittés, avec son épouse, en septembre 2007) a enrichi la philosophie sociale d’une œuvre critique qui fait de lui le principal théoricien de l’écologie politique en France.
Né à Vienne en 1923 (sous le nom de Gérard Horst), exilé en Suisse en 1938 (année de l’Anschluss), il devint un proche de Sartre dans les années cinquante et s’installa à Paris. Tour à tour responsable des Temps Modernes à la fin des années soixante (revue à laquelle il participait depuis 1961), puis cofondateur du Nouvel Observateur, sous le nom de Michel Bosquet, il vivait retiré dans l’Aube depuis le début des années quatre-vingt.
Avec des livres tels que Réforme et Révolution (1969), Écologie et Politique (1975), Métamorphoses du Travail (1988), Capitalisme, Socialisme, Écologie (1991) ou Misère du Présent, richesse du Possible (1991), Gorz est devenu l’intellectuel critique et radical dont les thèses concernant le travail, l’écologie, l’économie, le productivisme ou le rôle du prolétariat (Adieux au prolétariat ?, 1980) ont connu un écho considérable dans le monde entier. Cela, non seulement en raison du diagnostic lucide qu’il porte sur l’état réel de nos économies et de nos sociétés de capitalisme avancé (à l’ère de l’automatisation, de la robotisation, et de la révolution micro-informatique), mais aussi parce qu’il s’attache à penser concrètement les conditions d’une rupture avec le capitalisme. Il était convaincu que « l’exigence éthique d’émancipation du sujet impliqu[ait] la critique théorique et pratique du capitalisme, de laquelle l’écologie politique est une dimension essentielle. » (Ecologica, Galilée, 2008)
S’il a partagé l’enthousiasme de Mai 1968 pour les utopies et les modes de vie alternatifs, Gorz a toujours affiché un réalisme congédiant la vision romantique de l’attente impatiente de la « révolution au grand soir » et souligné que l’alternative éco-socialiste au capitalisme dominant ne pouvair se construire que lentement : par un processus de mise en place de contre-pouvoirs permettant la transition du mode de production aliénant du système capitaliste vers un mode de production éco-socialiste auto-géré.
Le présent essai (le premier sur André Gorz) est un hommage à l’homme et une lecture critique de son œuvre, à présent achevée.
Extrait du livre :
André Gorz et son épouse, Dorine, se sont suicidés le 24 septembre 2007, à Vosnos, petit village de 140 habitants situé à une trentaine de kilomètres de Troyes, dans l'Aube. Il avait 84 ans, elle 82. André Gorz s'est suicidé parce qu'il ne supportait pas la perspective de devoir survivre au décès programmé de sa femme, atteinte d'une grave maladie dégénérative déclenchée par une erreur médicale.
Avec ses nombreux ouvrages, André Gorz (alias Gérard Horst, également connu sous le pseudonyme de Michel Bosquet) s'inscrit dans l'histoire intellectuelle du xxe siècle, comme l'un des témoins critiques les plus perspicaces de son temps, ainsi que comme un grand écrivain, journaliste et philosophe. Sa faculté tout à fait exceptionnelle d'analyse et de prévision autorise à le ranger parmi les grands visionnaires de notre ère.
Quand j'ai rencontré André Gorz pour la première fois, en 1971, en compagnie de sa femme Dorine, à leur domicile de la rue Tolbiac, à Paris, j'avais vingt-huit ans et, venu d'Allemagne, je travaillais comme journaliste pigiste au studio parisien de la Radio-diffusion allemande (WDR). Lecteur régulier du Nouvel Observateur et des Temps modernes, j'avais été attiré par la qualité analytique de ses articles et par le regard lucide qu'il portait sur la société, ses fondements, ses contradictions économiques et politiques. Je l'admirais aussi en tant que philosophe critique. Reçu chez lui pour enregistrer une interview qui a été diffusée peu de temps après sur les ondes de la radio allemande, j'ai été frappé par la manière dont il parvenait à associer la plus haute réflexion théorique avec une extraordinaire modestie, la faculté d'analyse critique et dialectique avec une sincérité hors du commun, la franchise dans la formulation de ses thèses avec une exceptionnelle timidité. C'est ainsi qu'André Gorz incarnait l'intellectuel engagé, à sa manière, aux côtés de Jean-Paul Sartre.
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