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Hannah Arendt - contre Marx ?

Editeur

Hermann


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Collection

Philosophie

Paru le

13/09/2008

La refondation ontologique et « phénoménologique » de la philosophie politique par Hannah Arendt – attestée notamment par les « Origines du Totalitarisme » et la « Condition de l’Homme moderne » – représente-t-elle la grande « révolution » des sciences politiques du vingtième siècle ? Constitue-t-elle la construction, ou la dé-construction, d’une théorie du politique ?

Dans ce livre ambitieux, l’auteur révèle les sources philosophiques de cette pensée du politique, dont le lecteur contemporain ignore trop souvent qu’elle s’inscrit dans une tradition allant des Présocratiques et d’Aristote – via Saint Augustin, Locke et Kant – à Heidegger. Il met en évidence les paradoxes de cette pensée, et, à partir d’une lecture rigoureuse des textes, traite des rapports complexes et critiques d’Arendt à Marx.

Témoignant d’une érudition exceptionnelle qui a nécessité plusieurs années de recherches, ce livre permet également de mieux comprendre les relations philosophiques privilégiées – mais pourtant critiques – qu’Hannah Arendt entretenait avec Martin Heidegger.

Arno Münster, philosophe franco-allemand, est maître de conférences à l’Université de Picardie Jules Verne. Il est l’auteur d’une vingtaine de livres consacrés principalement à la pensée allemande moderne et contemporaine et à la pensée juive-allemande contemporaine, traduits en plusieurs langues.


Je n'appartiens pas au cercle des philosophes, mon métier [...] c'est la théorie politique [...]. Il y a déjà longtemps que j'ai définitivement pris congé de la philosophie [...]. Je pourrais parler du 27 février 1933 [...] ; ce fut pour moi un choc immédiat et c'est à partir de ce moment-là que je me suis sentie responsable [...]. Mais il s'agissait d'une affaire politique et non pas personnelle [...]. Tout d'abord, ce qui était en général du politique et est devenu un destin personnel.»

Hannah Arendt : La tradition cachée,
C. Bourgois, Paris, 1987.

Bien que controversée - et peut-être plus commentée que lue -, mais devenue quand même en un sens la représentante par excellence d'un courant «main stream» de la pensée politique contemporaine d'aujourd'hui -, Hannah Arendt dont l'oeuvre est celle d'une exilée (longtemps apatride), d'une «déracinée» et d'une réfugiée des camps qui a réussi à s'imposer, aux Etats-Unis, dans des conditions extrêmement difficiles, au courant des années cinquante du XXe siècle, notamment avec la publication des «Origines du Totalitarisme» (1951), - ne cesse d'alimenter les débats et controverses philosophico-politiques de notre temps. Si toute une avalanche de biographies lui ont été consacrées, c'est parce que l'impact de ses propositions théoriques, non seulement dans le domaine de la philosophie politique mais aussi dans le domaine de la philosophie contemporaine, était apparemment si incisif que même certains parmi ceux qui l'avaient critiquée (à gauche) sont désormais prêts à admettre que sa contribution critique à la philosophie politique contemporaine est importante et même incontournable.